L’Amazonie au prisme du feu et de l’inaction

Le Mardi 21 Aout 2019, le monde entier apprend avec stupéfaction la nouvelle selon laquelle l’Amazonie serait en feu. L’information circule telle une révolution douce par l’entremise d’une kyrielle de tweets avec en commun les mots-clés  #prayforamazonas et #prayforamazonia. En quelques heures seulement tous les réseaux sociaux sont alertés et l’on remarque l’acrimonie des internautes qui s’indignent d’un silence médiatique sans précédent sur une telle catastrophe écologique.

Il s’agit d’un incendie qui s’inscrit dans une succession de départs de feu observés depuis le début de l’année en Amazonie. La ville de Sao Paulo assombrie en pleine journée attire la curiosité des activistes qui constatent  une fumée spectaculaire au fin fond de l’Amazonie. C’est alors que l’indignation des uns et l’exaspération des  autres se manifeste via les hashtags #prayforamazonas et #prayforamazonia pour signaler ce feu persistant et difficile à stopper. Critiquée pour son silence sur cet incendie qui l’on venait de l’apprendre, se propageait silencieusement depuis 16 jours, la presse internationale tourne un moment la page de l’actualité politique dominée par le G7 à Biarritz et essaie de sauver son honneur en jetant d’abord le doute sur les images apocalyptiques qui circulaient avant d’en arriver à la réalité des faits. Les premières causes évoquées fut naturellement la déforestation, la période de sécheresse et aussi l’agriculture.  L’Etat le plus touché est le Mata Grosso enregistre plus de 13000 départs de feu depuis le début de l’année et les incendies au Brésil ont augmenté de 83 % par rapport à 2018 selon l’INPE (Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais ), des chiffres que conteste le président brésilien.

C’est ainsi que très vite l’actualité politique reprend le dessus pour traduire l’inaction d’une classe de dirigeants dont l’égo passe avant tout.

Tout commence lorsque les médias publient, en se basant sur des documents du régime de Jair Bolsonaro, les intentions d’utilisation du potentiel territorial amazonien à des fins économiques.  Le G7 condamne ce projet et décide d’en faire un élément clé des discussions parce qu’il s’agit de l’habitat naturel de plus de la moitié des espèces animales et végétales terrestres et qu’on estime à près de 118 milliards/an la quantité de CO2 capturés et stockés par cette vaste région forestière d’Amérique du Sud. Ce fut le point de départ d’une ribambelle d’invectives et de tensions diplomatiques sans précédents, tels des enfants qui se chamaillent pour la télécommande. Vingt millions d’euros contre près d’un milliard pour NOTRE DAME ont été décaissés à l’issu des négociations pour sauver la forêt amazonienne mais cette somme selon le président brésilien devrait servir à reboiser l’Europe. Accusant le G7 et la France en particulier d’une attitude colonialiste, Jair Bolsonaro affirmait pourtant que le Brésil n’avait pas les moyens de contrer ces feux.

Au delà de toutes les polémiques, le feu en Amazonie a eu au moins le mérite de révéler une fois de plus les divergences politiques, moteurs de l’inaction planétaire sur les questions environnementales.

Yves-Landry Kouamé

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